lundi 1 février 2010








REFORMES SCOLAIRES …
« Y A COMME UN DEFAUT ! »

Les tribulations de la « recherche » scolaire genevoise font irrésistiblement penser au célèbre sketch du tailleur de Fernand Raynaud. Au lieu de corriger le défaut, objet de la réclamation du client, le tailleur exige de lui des contorsions invraisemblables.
A chaque nouvelle position suggérée, le défaut disparaît… pour réapparaître ailleurs !

Mais n’est-ce pas là tout le drame du monde « psy », objet depuis toujours de tant de blagues populaires ?

Après la main-mise des psychologues sur l’école primaire et secondaire dans les années 1960, c’est maintenant le tour de l’Ecole de commerce. Raison ? Berne aurait décidé de remplacer le diplôme de commerce par un Certificat Fédéral de Capacité (CFC). Une tuile qui va soumettre nos pauvres potaches, déjà fort malmenés, à de nouveaux « ajustements ».

Des élèves « insuffisamment préparés »

De l’aveu même des enseignants de l’Ecole de commerce, les élèves qui leur parviennent du Cycle d’Orientation ne sont « pas suffisamment préparés ».

Dans une boulangerie, ou sur n’importe quelle chaîne de montage, aurait-on idée de faire passer un élément de A vers B, à moins que celui-ci ne qualifie ?

En fait, si des ingénieurs, des ouvriers ou des artisans raisonnaient comme l’Instruction Publique, aucun avion ne décollerait, ni aucune maison ne tiendrait debout. Et cependant, on continue de penser que cette institution enseigne le B.A. BA à ces mêmes futurs ingénieurs, ouvriers et artisans !

Comment osez-vous de pareils raccourcis rétorqueront-ils ! Tout le monde sait que l’enseignement est un domaine complexe, dans lequel subsiste bien des zones d’ombre !

Vraiment ?

Au 18ème siècle par exemple, l’entrée d’un enfant au collège ne dépendait pas de son âge, mais de son degré de scolarisation. Autrement dit, de sa maîtrise des rudiments indispensables à la poursuite des cours supérieurs.

On tolérait facilement des écarts de plusieurs années entre élèves d’une même classe de collège. Certains y entraient dès l’âge de sept ans, d’autres à 13 ans. On peut argumenter, mais une chose est sûre, que lorsqu’on formait quelqu’un à cette époque, on le formait vraiment !

Sans remonter si loin, comment ne pas admirer la correction du langage et la qualité de l’orthographe dans les rédactions d’enfants et d’adolescents des débuts du 20ème siècle, jusqu’ à la fin de la deuxième guerre mondiale.

Pourquoi l’école primaire n’insiste-t-elle plus sur les fondements ?

Quelle confiance accorderions-nous à un dentiste ou à un pilote de ligne qui ne connaîtrait pas les fondements de sa profession ? Sans doute pas beaucoup ! C’est pourtant bien ce qui semble clocher dans le système actuel.

Pourtant, en matière d’instruction publique gratuite et obligatoire de qualité, notre pays a montré l’exemple, bien avant les écoles républicaines de Jules Ferry.

Après la Réforme, le canton de Vaud devient massivement protestant. Dès 1676, leurs Excellences de Berne, qui le gouvernent de 1536 à 1798, proclament le principe de la scolarité obligatoire.

On peut argumenter en disant que Berne, tout comme l’école républicaine, obéissaient à des impératifs politiques. Mais n’est-ce pas le cas de tous les pouvoirs qui se sont préoccupés d’éducation, depuis Charlemagne en passant par les Jésuites et encore de nos jours avec les réformes scolaires socialistes ?

Une différence cependant…mais de taille !

Et c’est de là que le sketch du tailleur de Fernand Raynaud tire tout son sel ! Les éducateurs jusqu’au premier quart du 20ème siècle ne lésinaient pas sur les fondements !

Ils n’avaient pas besoin de couvrir leurs bévues à l’infini à coup de « ponts », de « passerelles » « de voies alternatives » et autres « modules », pour la bonne raison que, dans leur enseignement, les fondements étaient solidement en place !

Certes il y avait des élèves moins doués que d’autres. Ainsi, ceux qui échouaient aux examens redoublaient. La belle affaire ! Mais au moins l’instruction publique n’encombrait pas le marché du travail avec des laissés pour compte. Quant aux moins bons, ce qu’ils savaient, au moins ils le savaient vraiment!

Les 3 R

En matière scolaire et pendant longtemps le peuple américain n’a juré que par les 3 Rs : Riting, Reading and Ritmetics. Expression phonétique mise pour : Writing (l’écriture) Readind (la lecture) et Artthmetics (le calcul). Apparemment, il semble que cela lui ait longtemps réussi !

Dans la même veine, concluons sur une note de bons sens en citant cette rafraîchissante remarque attribuée à Jean Gabin s’adressant à Lino Ventura :

"Si tu sais, lire et compter correctement et que tu es capable d’écrire une lettre sans faute, tu te dem... toujours ! "

GdG
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