
Récemment, Laurent Ruquier, animateur de l’émission télévisée On n’est pas couchés, a eu cette remarque saisissante : Quand on voit le nombre de touristes mal fringués qui défilent en short dans la galerie des glaces du château de Versailles, on se demande pourquoi on fait tant d’histoires parce qu’on y expose les œuvres kitsch de Takashi Murakamie !
En fait, le peuple a toujours eu ses entrées à Versailles ; le lever et le coucher du roi étaient des cérémonies ouvertes à tous. Une différence cependant : pour être admis, il fallait porter une épée et un chapeau[1]. Un détail qui en dit long sur la fuite de certaines valeurs.
En fait, le peuple a toujours eu ses entrées à Versailles ; le lever et le coucher du roi étaient des cérémonies ouvertes à tous. Une différence cependant : pour être admis, il fallait porter une épée et un chapeau[1]. Un détail qui en dit long sur la fuite de certaines valeurs.
A qui profite le mélange des genres ?
L’exposition des œuvres de Takashi Murakami à Versailles ne fait que suivre une tendance grandissante qui consiste à introduire de l'art contemporain dans les musées anciens. Selon les conservateurs, cette stratégie a pour but d’attirer un public de jeunes, souvent ignorant de la culture classique. Il y aurait-il une autre explication ? Il est en effet difficile de croire les personnalités chargées de faire avaler une telle pilule au bon peuple. Comme le disait Josef Goebbels, ministre de la propagande de Hitler, plus le mensonge est gros, mieux il passe.
Lors de l’émission de Ruquier, Jean-Jacques Alliagon, président du château de Versailles, argumentait sur le bien-fondé de la présence de telles œuvres dans ce lieu. Ce faisant, ses efforts pour refouler sa personnalité hyper-cultivée faisaient peine à voir. Aurait-il d’autres maîtres ?
L’ « art » de la gauche officielle n’est pas destiné au peuple
En France, depuis que la gauche a envahi l’éducation, un certain « flou artistique » (c’est le cas de le dire) existe au sujet de l’art. Ce leurre n’est cependant pas nouveau, ni l’effet d’un hasard.
En politique, une semblable mystification a eu lieu au moment de la Révolution bolchévique.
Lors de ses séjours en Suisse, Lénine fit à Zurich une rencontre surprenante qui éclaire singulièrement le rôle du mouvement dada[2], une forme d’art qui n’a cessé d’inspirer les intellectuels d’extrême-gauche[3].
Absurde et loufoque, dada tend au dénigrement de l’art et de tout ce qui peut inspirer le respect. Apparu 1916 en pleine première guerre mondiale, il tenait ses réunions au cabaret Voltaire, à Zurich. Là se rencontraient des peintres, des étudiants, des révolutionnaires, des escrocs internationaux, des psychiatres et des espions. La première définition de dada est nichts (rien). Pour d’autres encore, dada doute de tout, il n’y a rien à apprendre, rien à enseigner, pas de vérité, etc.
Selon Tristan Tzara, fondateur de dada : Tous les vrais dadas sont contre dada. Le dadaïste aime l’extraordinaire et même l’absurde. Il sait que la vie s’exprime elle-même dans la contradiction. Une telle « philosophie » n’est pas négligeable pour créer les « fossés de générations[4] » et les « révolutions culturelles », tellement utiles aux changements de régimes politiques.
Dada oblige, l’art que Lénine imposa plus tard dans les pays communistes sera aussi éloigné de dada que possible, comme l’atteste l’art réaliste et socialiste d’URSS.
Mécénat ou « bulles spéculatives » ?
Qu’il soit de gauche ou de droite, l’Art est d’abord une histoire de gros sous. Il en était déjà ainsi du temps des Médicis, sauf qu’eux au moins avaient un certain niveau de conscience spirituelle.
Quant à l’exposition Takashi Murakamie à Versailles, elle est financée par le richissime Quatar. La précédente, du même genre, présentait les œuvres de Jeff Koons, longtemps un courtier en matières premières à Wall Street.[5]
L’argument massue immanquablement avancé par les défenseurs des formes d’art impopulaires est le suivant : La première fois que les impressionnistes ont exposé leurs œuvres, tout le monde s’est moqué. Maintenant, on se les arrache !
L’exposition des œuvres de Takashi Murakami à Versailles ne fait que suivre une tendance grandissante qui consiste à introduire de l'art contemporain dans les musées anciens. Selon les conservateurs, cette stratégie a pour but d’attirer un public de jeunes, souvent ignorant de la culture classique. Il y aurait-il une autre explication ? Il est en effet difficile de croire les personnalités chargées de faire avaler une telle pilule au bon peuple. Comme le disait Josef Goebbels, ministre de la propagande de Hitler, plus le mensonge est gros, mieux il passe.
Lors de l’émission de Ruquier, Jean-Jacques Alliagon, président du château de Versailles, argumentait sur le bien-fondé de la présence de telles œuvres dans ce lieu. Ce faisant, ses efforts pour refouler sa personnalité hyper-cultivée faisaient peine à voir. Aurait-il d’autres maîtres ?
L’ « art » de la gauche officielle n’est pas destiné au peuple
En France, depuis que la gauche a envahi l’éducation, un certain « flou artistique » (c’est le cas de le dire) existe au sujet de l’art. Ce leurre n’est cependant pas nouveau, ni l’effet d’un hasard.
En politique, une semblable mystification a eu lieu au moment de la Révolution bolchévique.
Lors de ses séjours en Suisse, Lénine fit à Zurich une rencontre surprenante qui éclaire singulièrement le rôle du mouvement dada[2], une forme d’art qui n’a cessé d’inspirer les intellectuels d’extrême-gauche[3].
Absurde et loufoque, dada tend au dénigrement de l’art et de tout ce qui peut inspirer le respect. Apparu 1916 en pleine première guerre mondiale, il tenait ses réunions au cabaret Voltaire, à Zurich. Là se rencontraient des peintres, des étudiants, des révolutionnaires, des escrocs internationaux, des psychiatres et des espions. La première définition de dada est nichts (rien). Pour d’autres encore, dada doute de tout, il n’y a rien à apprendre, rien à enseigner, pas de vérité, etc.
Selon Tristan Tzara, fondateur de dada : Tous les vrais dadas sont contre dada. Le dadaïste aime l’extraordinaire et même l’absurde. Il sait que la vie s’exprime elle-même dans la contradiction. Une telle « philosophie » n’est pas négligeable pour créer les « fossés de générations[4] » et les « révolutions culturelles », tellement utiles aux changements de régimes politiques.
Dada oblige, l’art que Lénine imposa plus tard dans les pays communistes sera aussi éloigné de dada que possible, comme l’atteste l’art réaliste et socialiste d’URSS.
Mécénat ou « bulles spéculatives » ?
Qu’il soit de gauche ou de droite, l’Art est d’abord une histoire de gros sous. Il en était déjà ainsi du temps des Médicis, sauf qu’eux au moins avaient un certain niveau de conscience spirituelle.
Quant à l’exposition Takashi Murakamie à Versailles, elle est financée par le richissime Quatar. La précédente, du même genre, présentait les œuvres de Jeff Koons, longtemps un courtier en matières premières à Wall Street.[5]
L’argument massue immanquablement avancé par les défenseurs des formes d’art impopulaires est le suivant : La première fois que les impressionnistes ont exposé leurs œuvres, tout le monde s’est moqué. Maintenant, on se les arrache !
A cette formule éculée, on pourrait rétorquer que depuis 1874, année de leur première exposition, il n’a guère fallu que 10 ans aux impressionnistes pour gagner la faveur du public.
Or, il y a 50 ans, Andy Warhol lançait l’art « contemporain » avec ses boîtes de soupe. Depuis lors, il semble que bien peu de gens parviennent de bonne foi… à les avaler !
G. D, G.
[1] Des accessoires que l’on pouvait louer à l’entrée du château.
[2] Le fondateur du mouvement dada est Tristan Tzara[2], de son vrai nom Sami Rosenstein (1896-1963), un écrivain français d’origine roumaine et fervent nihiliste.
[3] Lire à ce sujet Lénine Dada, ouvrage admirablement documenté de Dominique Noguez (Ed. Robert Laffont).
[4] Fossés de générations : un mythe moderne qui prétend qu’une séparation culturelle infranchissable existe entre différentes générations.
[5] Koons a été marié avec l'actrice porno Ilona Anna Staller, dite Cicciolina, avec qui il a fait des œuvres provocatrices qui l’ont rendu célèbre auprès du grand public.
Or, il y a 50 ans, Andy Warhol lançait l’art « contemporain » avec ses boîtes de soupe. Depuis lors, il semble que bien peu de gens parviennent de bonne foi… à les avaler !
G. D, G.
[1] Des accessoires que l’on pouvait louer à l’entrée du château.
[2] Le fondateur du mouvement dada est Tristan Tzara[2], de son vrai nom Sami Rosenstein (1896-1963), un écrivain français d’origine roumaine et fervent nihiliste.
[3] Lire à ce sujet Lénine Dada, ouvrage admirablement documenté de Dominique Noguez (Ed. Robert Laffont).
[4] Fossés de générations : un mythe moderne qui prétend qu’une séparation culturelle infranchissable existe entre différentes générations.
[5] Koons a été marié avec l'actrice porno Ilona Anna Staller, dite Cicciolina, avec qui il a fait des œuvres provocatrices qui l’ont rendu célèbre auprès du grand public.
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